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L’AMBASSADEUR CHARLES GOMIS DÉFEND LE CACAO DE CÔTE D’IVOIRE À PARIS
query_builder 01-10-2019


À la veille du salon du chocolat, AgroParisTech, l'Institut des sciences et industries du vivant et de l'environnement, l'une des 205 écoles d’ingénieurs français et considéré comme un établissement supérieur leader dans les sciences du vivant et de l'environnement, a invité les citoyens, les consommateurs, les chercheurs et des entreprises du secteur du Chocolat à venir débattre de la questions du cacao et à se demander si nous mangerons encore du chocolat en 2050.

Alors que la Première Dame, Dominique Ouattara, Présidente du Comité national de surveillance des actions de lutte contre les pires formes du travail des enfants, achève une tournée de travail à Washington, aux États Unis, pour faire la promotion du cacao de Côte d’Ivoire et rassurer la communauté internationale sur les conditions de production du cacao et les engagements du gouvernement pour lutter contre le travail des enfants, l’Ambassadeur Charles Gomis participait, quant à lui, ce mardi 24 septembre 2019, à une conférence débat sur le cacao à Paris.
En plus de Paris, ce sont des Communautés agros et des entreprises chocolatières en duplexe de Rennes, d’Angers et de Clermont-Ferrand qui ont participé par vidéo à cette conférence. C’est dire que la question du Cacao suscite de l’intérêt.

La déforestation des terres pour planter les cacaoyers, l’impact du changement climatique sur la production du cacao, la situation des petits producteurs qui vivent sous le seuil de pauvreté, le travail des enfants, le transports coûteux en gaz à effet de serre entre pays du sud et du nord, tous ces facteurs qui, à terme, pourraient avoir une influence néfaste sur la production du cacao, donc sur la consommation du chocolat dans le monde, étaient au cœur des débats.
La question qui était sur tous les lèvres restait finalement de savoir si le chocolat ne serait pas menacé de disparition compte tenu des analyses alarmistes sur la filière qui courent en ce moment.
Pour rassurer les participants, l’Ambassadeur a rappelé les trois raisons fondamentales pour lesquelles nous mangerons encore du cacao en 2050, à savoir : la place de la cacaoculture dans l’économie ivoirienne, l’importance du cacao sur le marché mondial des matières premières et pour l’industrie du chocolat dans l’économie des pays consommateurs et les actions mises en œuvre pour assurer la durabilité de la filière cacao.
Avec une production moyenne annuelle de 1.200.000 tonnes, la Côte d’Ivoire représente 41 % l'offre mondiale. La production de cacao représente donc environ 40 % de recettes d'exportation, et contribue pour 10 % à la formation du Produit Intérieur Brut (PIB) de ce pays. Ce sont environ 600.000 chefs d’exploitations qui animent l'appareil de production, faisant ainsi vivre environ 6.000.000 de personnes.
L’importance cruciale du cacao pour l’économie de la Côte d’Ivoire rend le pays particulièrement sensible à l'analyse et à la bonne gestion des enjeux stratégiques inhérents à la durabilité de la production cacaoyère, surtout dans le contexte d'une économie mondiale de plus en plus libéralisée.
En ce qui concerne les producteurs, les participants ce sont inquiétés de leurs conditions difficiles de travail et du prix d’achat du cacao qui serait en inadéquation avec les prix des produits finis. Nombreux seraient les producteurs contraints de vivre sous le seuil de pauvreté. Conséquence, les enfants, successeurs naturels des cacaoculteurs pourraient se décourager et s’en détourner, entraînant à terme une crise dans la filière.
Sur une barre de chocolat vendue, la part revenant au planteur est passé de 16% en 1980 à 6% en 2018. La Côte d’ivoire et le Ghana, les principaux producteurs de cacao, ne respecteraient pas les prix minimum payés aux producteurs.
L’Ambassadeur a rappelé qu’avec le Ghana voisin et second pays producteur, la Côte d’Ivoire a adopté un démarche commune et s’est engagée à maintenir les cours du cacao. Ils entendent obliger les acteurs à garantir un prix planché pour permettre aux planteurs d’améliorer leur sort.
Le Président Directeur Général de CEMOI, Monsieur Patrick Poirrier, présent en tant qu’intervenant à la conférence est revenu sur l’expérience de son entreprise d’encourager l’implantation d’industries de transformation pour créer plus de valeurs dans toute la chaine de production sur place, dans les pays de production, et permettre au cacao d’être une source de revenus encore plus élevée pour le pays mais surtout pour les acteurs du cacao en Côte d’Ivoire. L’ objectif affiché de la Côte d’Ivoire est d’atteindre un taux de transformation de 50%.
L’Ambassadeur Charles Gomis est revenu sur l’engagement de la Côte d’Ivoire dans une démarche de qualité des fèves produites et de développement durable, pour lutter contre la déforestation et le travail des enfants: « Nous sommes conscients que nous ne pouvons le faire qu’avec tous les acteurs, dans une étroite coopération. Mon pays encourage les acheteurs/exportateurs de fèves à mettre en place un système de traçabilité pour s’assurer que le cacao ne provienne pas de plantations interdites ou de forets classées ». Il a rappelé la nécessité, pour tous les acteurs de la filière, de travailler ensemble à la durabilité de la filière en mettant en œuvre des plans et des stratégies satisfaisants pour toutes les parties: « C’est ce qu’ont perçu les plus hautes autorités de mon pays qui travaillent de concert avec les différents partenaires ».
D’ailleurs le géant du cacao en Afrique, Cargill, premier acheteur et exportateur de fèves de cacao de Côte d’Ivoire, s’est engagé à tracer 100% de sa chaîne d’approvisionnement d’ici 2022. Le géant mondial de l’industrie alimentaire s’est lancé dans un programme de formation des coopératives, tant à la gestion qu’aux bonnes pratiques agricoles, pour améliorer la qualités des fèves et les rendements des parcelles afin de lutter contre le défrichement toujours plus.

Des programmes de de lutter contre le travail des enfants ont été lancés. La Côte d’Ivoire travaille en étroite coopération avec les grosses entreprises du secteur pour construire des écoles dans les endroits les plus reculés. Des milliers d’enfants ont été ainsi scolarisés. Et pour aider à l’autonomie action des femmes des programmes d’agro-forestation ont été lancés car ce sont les femmes qui scolarisent le plus souvent leurs enfants dès qu’elles en ont les moyens. L’Ambassadeur Charles Gomis a réaffirmé, sans équivoque, l’engagement du Gouvernent ivoirien à éradiquer le travail des enfants dans les plantations de cacao avec la mise en place d’un Comité Interministériel de lutte contre la traite, l’exploitation et le travail des enfants, (CIM) composé 13 Ministères. Le Comité National de surveillance des actions de lutte contre la traite, l’exploitation et le travail des enfants (CNS) est présidé par la Première Dame de Côte d’Ivoire, Madame Dominique OUATTARA. Il rassemble le BIT, l’UNICEF, des coopératives et des industriels de cacao ainsi que des ONG nationales et internationales qui travaillent dans le domaine de la protection de l’enfant. Le troisième plan d’action 2019-2021 vient d’être adopté avec un budget de 127 millions de dollars américains (63,5 milliards fcfa) pour s’attaquer aux causes profondes de ce phénomène. Parmi les solutions, il s’agit de scolariser les enfants. L’exécution des plans précédents a permis la construction de 30.000 salles de classe pour rendre l’école accessible aux enfants. Par ailleurs, des programmes d’appui à l’autonomisation des femmes sont en cours pour les inciter à produire du vivrier et à dégager un revenu qui exonère les enfants de travailler. Enfin, la réalisation d’infrastructures sociales de base en milieu rural pour l’amélioration des conditions de vie des populations est aussi un axe mis en œuvre par les acteurs de la filière. Des actions judiciaires sont aussi menées avec la poursuite et la répression des trafiquants d’enfants. Le cadre légal a été renforcé et la Côte d’Ivoire a procédé à la la ratification des Conventions internationales qui répriment la traite et le travail des enfants. Depuis mai 2019, la Côte d’Ivoire a été reconnue par le BIT comme Pays pionnier dans le cadre de l’objectif 8.7 du développement durable des Nations Unies sur l’élimination du travail des enfants.

En conclusion des débats, les scénarios envisagés variaient des plus pessimistes - la pénurie totale - aux plus optimistes - maintien d’une segmentation entre produit de masse et de qualité ou généralisation d’un chocolat équitable - en passant par un entre-deux qui met en avant la raréfaction d’un produit exclusivement de luxe. Un consensus, une stratégie devait être trouver pour sauver la filière.
La filière cacao est- elle vraiment en danger? Dans tous les cas les pays producteurs ont pris conscience de leur poids et ont décidé de tout mettre en œuvre pour assainir la filière et cela commence par le bien être des producteurs. La Côte d’Ivoire vient de faire adopter une loi qui garantit 60% du prix CAF (coût-assurance-fret) au producteur, afin d’améliorer leur moyens de subsistance en leur assurant un revenu et une part équitable du prix de cacao.
Avant de clore la conférence, l’Ambassadeur Charles Gomis s’est dit heureux de cette initiative de Agro-Paris-Tech qui aura permis d’informer et d’envisager ensemble les voies et moyens pour sauvegarder la filière cacao et de débattre des enjeux à l’échelle internationale de la thématique de la durabilité du cacao et de la survie du chocolat, avant de conclure « Oui nous mangerons encore du cacao en 2050 car tous les conditions sont rassemblées pour ».

Sercom Ambassade Côte d’Ivoire France.

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